• Les chauves-souris de Paris

    En 2009, la ville de Paris a commandé un inventaire des chiroptères de Paris intramuros, ainsi qu'une analyse du climat local et du milieu urbain sur la dynamique des populations.

    J'ai effectué cette étude avec l'appui de
    Jean François Julien & Christian Kerbiriou (Museum d'histoire naturelle )

     

     

     

     

     

    Le premier inventaire des chiroptères dans Paris intra-muros date de 13 ans, et l’inventaire des bois de Boulogne et de Vincennes a été réalisé au cours de la période 2002-2006.

     

    Dans l’objectif d’avoir une vision la plus large possible 4 axes d’études ont été définis:

     

     

     

    1. Recherche ciblée sur les sites urbains avec le plus fort potentiel (bois de Boulogne et Vincennes non inclus). Il s’agit des grands parcs qui ont fait l’objet d’une prospection soutenue.

     

    Ces prospections n’ont permis d’identifier qu’une seule espèce la Pipistrelle commune.

     

     

     

    2. Etudes des variations spatiale d’abondance. En développant à Paris le protocole Vigie Nature suivi des chauves souris déjà mis en œuvre à l’échelle nationale nous avons tenté d’avoir une « image instantanée » des variations d’abondance des principales espèces. 4 espèces ou groupes d’espèces  ont été identifiées :

     

    Un des taxons est un regroupement de deux espèces la Pipistrelle de Nathusius et la Pipistrelle de kuhl, aucune variable météorologique ne semble influer significativement ces espèces.

     

    La Pipistrelle commune est quand à elle impacté négativement par la température et surtout l’indice de refroidissement éolien ainsi que l’intensité du vent. La Noctule commune est influencée positivement par la couverture nuageuse et l’hygrométrie, ces deux variables vont probablement ici de pairs. La noctule de Leisler est quand à elle une espèce qui « remplace » la noctule commune dans la zone méditerranéenne. Elle n’a pas été contactée avec de faible température mais cela réside sans doute dans un biais d’échantillonnage, du fait de sa faible distribution géographique sur la zone étudié.

     

     

     

    Distribution spatiale des abondances des différentes espèces à Paris

     

    Seule la Pipistrelle commune est trouvée un peu partout dans Paris, la plupart des autres espèces étant essentiellement trouvées soit en périphérie (Sud) soit dans les deux grands boisements (bois de Boulogne et Vincennes).

     

     

     

    3. Etude des variations temporelle interannuelle. En utilisant les données issue du recensement du principal gîte d’hivernage connu sur la capitale durant la période 1991-2009, l’objectif était d’appréhender les dynamiques de population

     

    L’arrêt de la fréquentation ferroviaire a très probablement contribué à rendre plus attractif le gîte de la petite ceinture. La forte cohérence de l’influence de la température hivernale ou de l’impact du dérangement souligne l’ampleur du déclin observé : 4,6% par an, en d’autre terme en 15 ans la population perd 50% de ces effectifs. L’absence d’effet des conditions météorologiques au printemps précédents (température ou précipitation) suggère que cette diminution n’est probablement pas imputable aux changements climatiques qui influenceraient la démographie, il faut sans doute chercher d’autres causes, comme peut être la dégradation de la qualité des habitats de chasse.

     

     

     

    4) Etudes des variations intra annuelles

     

     

     

    Nous avons installé 3 systèmes d’enregistrement automatique de chiroptères (Anabat).

     

    Aucune tendance significative d’augmentation ou diminution dans la saison ne semble se dégager pour la Pipistrelle commune.

     

    Par contre il est très clair que l’activité du groupe Nathusius-Kuhl, dont l’une des composantes, la Pipistrelle de Nathusius, est migratrice, augmente très nettement, en valeur absolue[1] et plus encore, relativement à l’activité totale, à partir de la première moitié de septembre.

     

     

     

    5) Gestion et protection

     

     

     

    Des mesures de gestion des milieux et des gîtes sont proposées visant à améliorer leurs potentialités d’accueil pour les chiroptères.

     

    Les faibles ressources en  nourriture apparaît être la cause principale de la faible présence des différentes espèces de chiroptères.
    La disponibilité en gîte et le manque de connectivité entre les différents milieux constituent aussi des limites à une diversité spécifique chiroptologique.

     



     

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    sissistef
    Mardi 10 Août 2010 à 14:55

    depuis plusieurs soirs, habitant le 16e entre auteuil/passy, nous voyons tournoyer qques chauves souris de petite taille. plusieurs fois, certaines sont rentrées chez nous (au 6e étage) en pleine nuit mais l'intérieur était éclairé.


    Sait-on ce qui les pousse à rentrer dans les habitats, elles  qui sont équipées de sonars ultra perfectionnés et qui sont réputées assez peureuses?


    merci pour votre avis,


    1 curieuse de la nature!

    2
    Lundi 6 Septembre 2010 à 04:57

    I visit this blog so many time,because every time something new,and I read all article your blog, very interesting.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :