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Par Lustrat Philippe dans Accueil le 25 Mars 2010 à 23:51Ce blog ne sera plus remis a jour, désormais, Retrouvez tous les articles de ce blog sur mon site, qui sera le seul a etre réactualisé :
http://www.faune-sauvage-foret-fontainebleau.org
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Par Lustrat Philippe dans Accueil le 6 Mars 2010 à 07:07
Que cela soit en approche ou en affut, les mammifères sauvages nous repèrent essentiellement grace à deux de leurs sens beaucoup plus développés que les notres : l'odorat et l'ouïe, la vue ne jouant bien souvent qu'un rôle secondaire.
On peut limiter au maximum les bruits que l'on fait en se déplaçant ou pratiquer l'affût pour être plus discret, mais contre l'odorat exceptionnellement développés par les mammifères, on se limitait jusquà présent à se déplacer face au vent, ce qui n'est guère pratique sur le terrain.
On peut laisser ses vêtements dehors pour qu'ils s'imprègnent des odeurs du jardin, mais ce n'est pas très agréable en hiver...
On trouve désormais sur le marché des produits apportant une aide non négligeable pour contrer les sens des animaux. Ces produits ont été développés par les chasseurs à l'arc qui ont besoin de s'approcher de façon discrète de leurs proies.
Cette game "anti-odeurs" se déclinent en toute une gamme de produits :
- savon et shampoing (pour se laver avant d'aller sur le terrain)
- déodorant (pour rester plus longtemps sans odeur)
- lessive (enlève les odeurs, certaines suppriment en plus les uv, visibles par les mammifères)
- lessive parfumée à l'humus (donnent une odeur naturelle de sous-bois à vos vêtements)
- spray destructeur d'odeur (à pulvériser sur l'intérieur des vêtements pour former une barrière aux odeurs, ceux au "charbon actif" sont les plus efficaces)
Certains vêtements et affûts sont déjà traités anti-odeur, souvent en incluant une membrane au charbon actif, ils nécessitent une lessive spéciale pour conserver ces propriétés.
Ces produits ne sont pas magiques, car malgré toutes les précautions que l'on peut prendre, les mammifères sont extrêmement méfiants et toujours aux aguets ! mais ils aident considérablement le naturaliste à observer longtemps des animaux sans se faire repérer.
Prudence, les animaux peuvent parfois s'approcher de très près ! Assis par terre en vêtements camouflés avec ces produits, un blaireau est venu posé sa truffe sur ma main, un cerf au brame s'est approché à moins de 5 m (émotion garantie !), et une campagnie d'une vingtaine de sangliers m'a littéralement entouré de nuit...
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Par Lustrat Philippe dans Accueil le 24 Février 2010 à 09:34
Afin de réaliser des images de la vie sauvage en forêt de Fontainebleau, j'ai construit un affut afin de me camoufler auprès des animaux sauvages. Après avoir installé une armature avec des branches trouvées au sol et attachées avec de la ficelle, j'ai fixé des toiles de couleur neutre.
Mon affut donne sur une clairière fréquenté par des cervidés et une bauge utilisée par des sangliers.
Je l'ai construit près d'un terrier de blaireau afin de pouvoir aussi filmer cet animal.
Afin de connaitre les heures de sortie des blaireaux, j'ai installé un appareil photo prenant automatiquement des photos (en infrarouge la nuit). Les photos ne sont pas de bonne qualité, mais je peux connaitre l'espèce, la date et l'heure du passage.
L'affut dans la forêt.
Vue rappochée de l'affut.
Voilà ce que je vois de l'affût.
Le photo-piège prèt à se déclencher...
Sortie d'un blaireau le 18 février à 19 h 23...
Tiens, un faisan est passé le 20 février à 15h07....
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Par Lustrat Philippe dans Accueil le 15 Février 2010 à 23:10

La construction d"eolienne peut avoir un impact sur les populations animales présentes, notamment sur les chauves-souris et les oiseaux.
Mon travail d'expert consiste à effectuer des expertises dans le cadre de projet éolien vis à vis des chiroptères.
Avec plus de 91 expertises effectuées, j'ai développé une méthodogie spécifique.
Je peux envoyer sur simple demande cette méthodogie dont je donne ici un aperçu :
Analyse des cartes et des photos aériennesLa définition de la zone d’étude est très importante car elle détermine les milieux et sites pris en compte dans l’expertise.
Il faut prendre en compte l’ensemble de la zone concernée par le projet éolien.
La taille de cette zone dépend des milieux rencontrés sur le site et à proximité.
L’examen minutieux des cartes 1 :25 000, des photos satellites et aériennes est indispensable pour avoir une vue d’ensemble.
Cependant, une visite de jour de la zone d’étude est ensuite nécessaire afin de confirmer les informations
Nous analysons les cartes de l’Institut Géographique National au 1 :25 000 et les photos satellites avec beaucoup d’attention afin de rechercher les milieux potentiellement favorables pour les chiroptères : boqueteaux (même de très petites tailles, (Lustrat, 2001), haies, rivières, villages (certaines espèces telles la Noctule de Leisler chassent très haut au dessus des villages (Lustrat, 2004), mais il est surtout intéressant de rechercher des éléments de continuité entre les milieux. Il faut étudier les déplacements possibles entre les milieux boisés et les milieux humides, car les milieux de chasse sont parfois éloignés des zones de gîtes.
L’examen minutieux des photos aériennes est indispensable car cela permet d’avoir une vue en altitude et donc de mieux appréhender les déplacements potentiels effectués par les chiroptères.
Ces analyses ont été complétées par une visite de terrain de jour, afin de prospecter les milieux repérés et afin de préparer les cheminements nocturnes.
Recherches bibliographiques des colonies
Nous effectuons des recherches bibliographiques afin de connaître les espèces déjà localisées dans la zone d’étude, et en particulier la présence de colonie, ainsi que nos données personnelles (plus de 10 000 localisations de chiroptères en France métropolitaine) résultant de plus de 20 ans de prospection.
Méthodes de terrain
Recherche dans les gîtes estivauxNous recherchons les chiroptères dans les bâtiments, essentiellement dans les combles, mais aussi dans les milieux souterrains, les abris, garages, trous dans les arbres etc...
Pour cela, nous prospectons l’ensemble de la zone en hiver afin de repérer les trous dans les arbres, puis au cours de l’été, nous visitons ces secteurs en écoutant si nous entendons des cris audibles de chiroptères. En effet, les colonies installées dans les trous d’arbres (essentiellement de noctules) émettent souvent à la tombée de la nuit des cris audibles, ce qui permet de les repérer.
Nous utilisons une parabole afin d’amplifier le son.
En cas de découverte d’une colonie, nous nous postons à la tombée de la nuit pour identifier l’espèce de chiroptères à l’aide du détecteur d’ultrasons et pour compter les individus.
Recherche des chiroptères en migration ou en action de chasseNous effectuons des sorties de terrain pendant toute la période d’activité des chiroptères :
- au printemps et en automne pour détecter les mouvements migratoires
- en été pour rechercher les territoires de chasse
Circuits en véhiculeToutes les routes et tous les chemins situés dans la zone d’implantation potentielle des éoliennes sont prospectés à l’aide d’un véhicule tout terrain. Les chauves-souris sont localisées à l’aide d’un micro ultrasonore fixé sur le toit qui fonctionne en « division de fréquence », c'est-à-dire que, contrairement aux détecteurs fonctionnant en « hétérodyne », notre détecteur capte l’ensemble de la bande fréquentielle émise par les différentes espèces de chiroptères (Zingg P. 1990). Lorsqu’un signal est reçu, les sons émis sont enregistrés après expansion de temps (facteur 10) sur un ordinateur portable alimenté par la batterie du véhicule. L’expansion de temps permet une analyse fine sur ordinateur à l’aide de programmes spécifiques et permet d’identifier la quasi-totalité des espèces. (contrairement aux détecteurs « hétérodyne » qui ne permettent pas d’effectuer des analyses, et avec lesquels on ne peut identifier que le groupe d’espèces, et non l’espèce précise).
Nous enregistrons sur 2 voies en simultané : 1 voie en division de fréquence et 1 voie en expansion de temps, ce qui nous permet de suivre en continu l’activité des chauves-souris. Un GPS est utilisé pour localiser précisément les contacts.
Le véhicule 4X4 permet de prospecter de grandes zones en roulant à vitesse réduite (20 Km/h).

Circuits à pied et points d'écouteLes sites potentiellement favorables comme milieux de chasse pour les chiroptères font l’objet d’une prospection par itinéraires échantillons à pied et par points d’écoute d’une durée de 15 minutes chacun pour les sites les plus intéressants.
Nous utilisons un détecteur de type S-25 (Ultra Sound Advice), couplé avec l’analyseur d’ultrasons PUSP (Portable Ultrasound Signal Processor, Ultra Sound Advice). Le détecteur est réglé en position “division de fréquence” afin de pouvoir entendre l’ensemble de la bande fréquentielle utilisée par les chiroptères, ce qui permet, contrairement aux détecteurs de type «hétérodyne » de capter toutes les espèces. Les signaux captés sont numérisés et enregistrés en expansion de temps (10 X) sur un magnétophone digital.
Un phare portatif ou un système de vison nocturne sont parfois utilisés pour observer certains individus afin de noter des critères visuels d'identification.
L’identification de la plupart des espèces de chiroptères est possible de façon fiable avec les détecteurs à expansion de temps, à condition d’analyser les sons enregistrés (Lustrat P. 1997, Vaughan, N., Jones G. & S. Harris.).
Pour identifier les espèces, nous procédons à une analyse discriminante multi variée (8 variables analysées). L’analyse des ultrasons est effectuée grâce au PUSP, en effectuant pour chaque signal une transformée de Fourrier rapide (FFT), ou sur ordinateur à l'aide de différents programmes d'analyse (Cool edit, Syrinx).
Cette technique de pointe permet de prospecter tous les milieux afin de localiser les chauves-souris en chasse, et de les identifier sans les déranger (Lustrat P. (1997).
En cas de contact avec une chauve-souris, nous restons quelques instants en écoutant si il y a d’autres contacts, afin de savoir s’il s’agit d’une action de chasse (nombreux contacts rapprochés) ou d’un déplacements (un seul contact).
Enregistrements automatique pour inventaire ou suivi chiroptologique
Les passages migratoires sont localisés dans le temps et donc difficile à détecte avec les méthodes traditionnelles.
Cette technique consiste à enregistrer tout au long du cycle annuel les chiroptères en action de chasse ou en déplacements en installant un détecteur d’ultrasons en haut d’un mat de mesure.
Cela peut concerner un site où des données très complètes doivent être obtenues ou un site potentiel d’installation d’éoliennes car cet appareil peut être installé sur un pylône à l’altitude de rotation des pales.
De plus, les enregistrements se font à hauteur des pales des éoliennes.
Cette méthode peut aussi être utilisée pour effectuer un suivi après l’installation d’éoliennes.
Un détecteur (Anabat) enregistre tous les ultrasons en division de fréquence (donc toute la gamme ultrasonore en continu), et les enregistre sur carte mémoire. Cet appareil est alimenté par une batterie auxiliaire (rechargée par un panneau solaire si besoin) ou le secteur s’il est disponible.
Les cartes mémoires sont changées tous les mois.

Enregistrements en altitude
Des relevés d’ultrasons sont effectués en altitude (80-100 m) à l’aide d’un détecteur fonctionnant en division de fréquence (Anabat) embarqué à bord de ballons captifs, type zeppelin.
Nous avons choisi un détecteur d'ultrasons de type "division de fréquence", car il est très important d'identifier les espèces enregistrées, et surtout d'enregistrer toutes les chauves-souris, ce qui est impossible avec un détecteur fonctionnant en hétérodyne.
Nous avons branché un émetteur sur le détecteur afin de retransmettre au sol en direct les enregistrements.
Un 2e détecteur, identique à celui embarqué enregistre les chiroptères depuis le sol, afin de comparer les enregistrements faits à différentes altitudes.
Les signaux sont enregistrés simultanément sur un ordinateur portable avec un programme permettant d'enregistrer sur 2 voies (chaque détecteur sur une voie).
Enfin, un détecteur plus performant, capable d'enregistrer les Noctules à plusieurs centaines de mètres de hauteur(S 25 et Pusp) enregistre au sol afin de comparer les données.
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Par Lustrat Philippe dans Accueil le 15 Février 2010 à 10:09

Les tunnels désaffectés sont connus pour abriter des chauves-souris lors de l’hibernation (e.g. Masson 1984, Salotti 1988). Depuis 1990, nous effectuons un comptage hivernal annuel de chauves-souris dans un tunnel désaffecté du chemin de fer de la petite ceinture à Paris (Lustrat & Julien, 1993). Le tunnel est long d’environ 600 mètres ; les Chiroptères se tiennent dans les fissures verticales des plaques de béton qui se disjoignent.
Jean François Julien et moi-même effecutons un comptage tous les hivers. Notre méthode de comptage est toujours la même : nous éclairons avec une forte lampe, et nous identifions et comptons les chauves-souris avec des jumelles lumineuses. Ces chauves-souris sont essentiellement des pipistrelles communes Pipistrellus pipistrellus Schreber, 1774. Une séance d’écoute au détecteur d’ultrasons en automne n’a permis d’identifier que cette espèce. Cependant, comme nous nous interdisons toute manipulation en hiver (bien qu’un certain nombre d’individus soient éveillés lors de notre passage) afin d’éviter de les perturber, il est possible que d’autres espèces hibernent dans ce site.
Les résultats des comptages montrent une régulière augmentation du nombre de chauves-souris observées jusqu’en 1997, suivie d’une forte chute des effectifs pendant deux ans. Puis, les effectifs sont remontées en 2000 pour chuter à nouveau pendant deux ans. En hiver 2003, les effectifs ont légèrement augmenté. Ces variations d’effectifs peuvent difficilement s’expliquer par une fluctuation de la population, mais peut-être par la présence d’autres gîtes d’hibernation, qui resteraient à découvrir, des mouvements entre gîtes d’hibernation se produisant au cours de l’hiver, causés par des changements de température. La Pipistrelle commune Pipistrellus pipistrellus est l’espèce de Chiroptère la plus abondante au centre de plusieurs villes européennes telles que Brno (Gaisler 1979), Londres (Hooper 1981, Mickleburgh 1989), Berlin (Haensel 1982), Madrid (Benzal & Moreno, 1989) ou Paris (Lustrat 1992).
Nous disposons de peu de données concernant les colonies d’hibernation de Pipistrelles communes. Elle forme d’importantes colonies d’hibernation en Europe du Nord et du Centre : jusqu’à 2000 pipistrelles ont été trouvées dans des églises (Schober & Grimmberger 1991), et 100000 pipistrelles dans une grotte en Roumanie (Dumitresco & Orghidan 1963). Il est dommage que l’on ne dispose pas actuellement de données concernant l’évolution de ces populations.
Remerciements
Nous tenons à remercier Alexandre Hacquart qui nous a indiqué ce gîte, et Alexis Martin qui a participé au comptage de 2003.
Bibliographie
Benzal J. & Moreno E., 1989. On the distribution of bats in Madrid (Central Spain). in : V. Hanák, I. Horacek & J. Gaisler (eds) : European Bat Research 1987. Charles Univ. Press, Praha, 363-371.
Dumitresco M. & Orghidan T., 1963. Contribution à la connaissance de la biologie de Pipistrellus pipistrellus Schreber. Ann. Spéléol., 18 : 511-517.
Gaisler J., 1979. Results of bats census in a town (Mammalia : Chiroptera). Vest. Cs. Spolec. Zool., 43(1) : 7-21.
Haensel J., 1982. Weitere Notizen über im Berliner Stadtgebiet aufgefundene Fledermäuse (Zeitraum 1972-1979). Nyctalus, NF 1 : 425-444.
Hooper J.H.D., 1981. The use of an ultrasonic receiver to obtain distribution data for pipistrelles and other bats within the London area. Lond. Natural., 60 : 47-63.
Masson D., 1984. Contribution à l’étude des chauves-souris du sud-ouest de la France. I. Liste commentée des Chiroptères d’Aquitaine et du Lot. Lutreola, 1 : 1-16.
Mickleburgh S., 1989. - Distribution and status of bats in the London area. in : V. Hanák, I. Horacek & J. Gaisler (eds) : European Bat Research 1987. Charles Univ Press, Praha, 327-329.
Lustrat P., 1992. Contribution à l’étude des Chiroptères de la ville de Paris (France). Rapport d’étude non publié. 5 pages.
Lustrat P. & Julien J.F., 1993. Un important gîte d'hibernation de chauves-souris à Paris (France). Mammalia, 57(3) : 447-448.Lustrat P. & Julien J.F., 1997. Monitoring of an important hibernaculum in Paris (France). Myotis, 35 : 109-110.
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